Le Sénat, vote par vote
Au Sénat aussi, les scrutins publics rendent visible le choix de chaque sénateur — pour, contre, abstention. Nous avons rassemblé tous ces votes depuis octobre 2022, avec les mêmes calculs que pour l'Assemblée : qui vote avec qui, qui suit son groupe, qui s'en écarte. Avec une différence de taille : ici, le groupe peut voter pour ses membres absents.
Le Sénat depuis 2024, en quelques chiffres
Des records, des exceptions et le bilan du renouvellement du 27 septembre, tous calculés à partir des votes et des résultats officiels. Ils se mettent à jour avec les données. Cliquez sur un nom pour ouvrir la fiche du sénateur.
348 sièges, neuf groupes
Les sénateurs se rassemblent en groupes, rangés ici de la gauche vers la droite selon la façon dont leurs membres votent. Leur couleur reprend celle de la famille la plus proche à l'Assemblée : rouge à gauche, gris et blanc au centre, bleu à droite. Les sigles sont ceux du Sénat : SER pour les socialistes, LIRT pour Les Indépendants, RDPI pour les sénateurs macronistes.
Les effectifs comptent tous les sénateurs qui ont voté depuis octobre 2024, y compris ceux qui sont partis en cours de route. Chacun est rangé dans son dernier groupe.
Avant le renouvellement. Ces groupes sont ceux du Sénat sortant. La moitié des sièges a été renouvelée le 27 septembre 2026 ; les nouveaux groupes se constituent début octobre, et les nouveaux élus apparaîtront ici avec leurs premiers votes.
LR et l'Union centriste votent presque comme un seul groupe
Chaque case croise deux groupes et donne la part des votes où ils ont fait le même choix. Plus la case est verte, plus ils votent pareil. Deux familles se dessinent : la majorité sénatoriale de droite et du centre, et la gauche. Le RDPI, groupe macroniste, penche vers la première ; le RDSE, de tradition radicale, vers la seconde.
Comment lire un chiffre. Au-dessus de 90 %, deux groupes votent presque toujours de la même façon. En dessous de 25 %, ils s'opposent presque à chaque fois. Autour de 50 %, on ne peut pas deviner le vote de l'un à partir de celui de l'autre : ce n'est pas un accord à moitié.
Les non-inscrits (NI) ne forment pas un groupe : leur « ligne » est celle de la majorité d'entre eux, sans consigne commune.
Qui soutient les textes de quel domaine ?
Chaque colonne regroupe les textes d'un domaine, d'après la commission du Sénat qui les a examinés au fond. Chaque case donne la part de votes « pour » lors du vote final de ces textes. Plus la case est verte, plus le groupe ou le sénateur les a soutenus. Choisissez un groupe pour voir ses sénateurs un par un.
Soutenir un texte n'est pas défendre une cause. Un texte examiné par la commission des affaires sociales peut élargir un droit comme le restreindre. La matrice dit qui a voté les textes d'un domaine, pas qui est « pour le social » ou « pour la sécurité ».
Seuls les votes sur l'ensemble d'un texte comptent, et seulement ceux qui ont fait l'objet d'un scrutin public : au Sénat, beaucoup de textes sont adoptés à main levée. Les abstentions comptent comme un non-soutien. Une case vide signifie moins de 4 votes. Le nombre de votes finaux figure sous chaque domaine : sur cinq ou six votes, un seul pèse lourd.
Au Sénat, presque tout se joue sur un seul axe
Ici, chaque point est un sénateur. Deux points proches votent souvent pareil. De gauche à droite, le clivage politique classique résume à lui seul des différences de vote, bien plus qu'à l'Assemblée. De haut en bas, on lit ce qui reste : en haut, les sénateurs qui votent comme le RDPI, le groupe macroniste, y compris quand la majorité sénatoriale s'en sépare. Survolez un point pour voir le nom, cliquez pour ouvrir la fiche.
Pourquoi les points se serrent en deux paquets ? Au Sénat, un groupe peut voter pour tous ses membres lors d'un scrutin public ordinaire. Ce vote par délégation aligne mécaniquement les sénateurs d'un même groupe : les écarts individuels n'apparaissent que lorsqu'un sénateur demande expressément à voter autrement.
Le « bloc central » réunit ici l'Union centriste, Les Indépendants et le RDPI ; le RDSE, groupe de tradition radicale aux votes partagés, et les non-inscrits sont rangés à part. Aucun groupe de droite nationale n'existait avant le renouvellement de 2026 : les sénateurs RN siégeaient parmi les non-inscrits.
Avec LR au gouvernement, le clivage gauche-droite s'est encore creusé
En septembre 2024, Les Républicains, premier groupe du Sénat, entrent au gouvernement. Nous coupons les votes à cette date, comme à l'Assemblée. Le clivage gauche-droite dominait déjà ; depuis, il explique une part plus grande encore des votes. Regardez les groupes se déplacer d'une période à l'autre.
Le Sénat n'a pas connu la bascule de l'Assemblée : le clivage gauche-droite y domine sur les deux périodes. Le second axe, lui, a perdu la moitié de son poids.
Les deux cartes sont calculées séparément : comparer la place d'un groupe de l'une à l'autre a du sens, celle d'un sénateur beaucoup moins. La première période traverse le renouvellement de septembre 2023, qui a remplacé la moitié des sièges.
Ils ont changé de groupe en cours de mandat
Le Sénat publie, pour chaque scrutin, la liste des votants groupe par groupe. Nous gardons le groupe de chaque sénateur le jour de chaque vote : ses changements restent visibles, au lieu d'être effacés par son groupe d'aujourd'hui.
Leur loyauté est mesurée, vote par vote, par rapport au groupe où ils siégeaient à ce moment-là. Un passage de quelques jours parmi les non-inscrits correspond soit à un sénateur entre deux inscriptions, soit à un nouvel élu qui n'avait pas encore rejoint de groupe.